
Sasha Skotchilenko
Cet article s’inscrit dans un chapitre consacré à celles et ceux à qui l’art coûte la liberté. Des artistes qui ne peuvent pas séparer leur pratique de la réalité politique. Leur création devient acte de résistance, cri de survie, manifeste inscrit dans la voix, le corps, ou la scène.
À travers ce dossier, je raconterai les histoires de trois figures marquantes de cette lutte :
– Sasha Skotchilenko, artiste russe condamnée pour avoir remplacé des étiquettes de supermarché par des messages contre la guerre ;
– Badiucao, artiste chinois exilé, dont les œuvres dénoncent la censure et les violations des droits humains en Chine ;
– et Jafar Panahi, cinéaste iranien plusieurs fois emprisonné pour ses films critiques du régime.
Leur point commun : refuser de se taire, même lorsque s’exprimer signifie risquer sa liberté.

ANNE HOREL
Je considère l’intelligence artificielle comme un outil de création, mais aussi comme un prisme critique et une connexion à un inconscient collectif. Elle permet d’accéder à une forme d’imagerie mentale démultipliée, quasi inconsciente, et d’expérimenter autrement les processus de narration ou de visualisation.
Mon rapport à l’IA est ambivalent : c’est à la fois un moteur d’exploration et un objet de questionnement en soi, notamment sur les notions d’auteur, de normativité, de style ou d’archive collective.
LES FUITES
"Les Fuites" est une série photographique qui met en scène un monde vidé de ses habitants, mais pas de ses traces.
À travers des lieux du quotidien. Un restaurant, un parc, une chaise isolée, un mur d'enquête. la série reconstitue le processus graduel d'une disparition collective en mettant en scène l'absence par un élément perturbateur turbulent.


JULIAN
BIKOUDI
Julian Bikoudi, connu sous le pseudonyme @biogenesis__, est un artiste numérique qui utilise l'intelligence artificielle pour créer des créatures surréalistes appelées "Gloobions". Il affirme que "l'art commence là où les règles disparaissent" .
Les "Gloobions" sont des entités étranges, souvent décrites comme "cursed" ou "weird", qui semblent en perpétuelle transformation. Leur apparence évoque des formes organiques instables, oscillant entre le familier et l'inconnu.
Julian joue avec les codes de l'horreur corporelle et du surréalisme numérique. Ses créations suscitent à la fois fascination et inconfort, invitant le spectateur à confronter ses propres perceptions de la beauté et de la monstruosité.

Emotions, defined
Les émotions, ce n’est pas juste "être de bonne ou de mauvaise humeur". C’est brut. C’est profond. Ça te prend aux tripes. Parfois, deux émotions opposées débarquent en même temps. Tu souris, mais t’as envie de pleurer. Tu paniques, mais tu fais semblant d’être calme. Tu aimes, mais tu détestes aussi.
Des visages en tension. Des regards qui trahissent. Des émotions qui se croisent, se mélangent, se heurtent. Ce n’est pas juste un mood. C’est ce qu’on est. C’est ce qu’on cache. C’est ce qui déborde.
404 MEMORY
NOT FOUND
Et si la mémoire n’était pas un enregistrement fidèle, mais une matière vivante, mouvante, instable ?
Dans cette partie du magazine, je questionne ce qu’il reste de nous quand les souvenirs se brouillent, quand les images intérieures se dégradent, quand la mémoire oublie, ou invente. " 404 memory not found » est une série photographique expérimentale. Chaque image tente de représenter visuellement la perte, le flottement, ou la résurgence d’un souvenir. C’est une recherche intime, mais aussi universelle : que se passe-t-il quand nos repères s’effacent ? Que devient l’identité sans ses archives mentales ? Entre photographie, texte et fragmentation, cette exploration veut donner forme à l’oubli, au vertige, et à ce qui survit malgré tout.


IN BETWEEN WORLDS
XG est un girls band formé par le label XGALX. Elles font leurs débuts en 2022. Ce sont des chanteuses d’origine japonaise, formées en Corée du Sud, mais chantant uniquement en anglais à destination d’un public international. Le groupe est composé de sept membres : Jurin, Chisa, Hinata, Juria, Cocona, Maya et Harvey. Elles n’appartiennent pas vraiment à une
catégorie : ni à la K-pop, ni à la J-pop, ni à la pop américaine. Ce refus d’appartenance n’est pas un flou artistique, mais un positionnement clair. Leur musique mélange des influences multiples – trap, R&B, hip-hop, EDM – sans jamais se fixer. Cette absence de genre figé reflète leur identité multinationale et leur volonté de briser les cadres traditionnels de l’industrie musicale. Elles sont ailleurs... et ce flottement est devenu leur signature.
